Démarche artistique

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Depuis le commencement de sa création personnelle, Morno peint des séries de tableaux aux sujets abstraits et aux sujets figuratifs, en cherchant à se démarquer par un coup de pinceau unique. Elle s’est toujours plu dans ces deux univers. Dans le premier, elle affectionne les défis qu’il lui apporte, surtout par rapport aux techniques picturales et, dans le deuxième, elle se permet d’exprimer ses sentiments vis-à-vis certains aspects de la condition humaine. Cela dit, dans les deux cas, elle tend à présenter ses réalisations en séries. Elle agrippe un sujet, elle le produit en plusieurs versions, et ce, jusqu’à épuisement, puis elle passe à un autre thème.

En tant que peintre, l’abstraction est un exercice qui l’oblige à faire un travail de recherche, activité qu’elle adore, pour obtenir un résultat équilibré à propos de la composition et pour que la lecture de ses tableaux soit harmonieuse. L’harmonie est, pour elle, la recherche de cet effet : partir du centre gauche et effectuer un cercle dans le sens d’une aiguille d’une montre. De plus, l’artiste a réalisé quelques toiles de façon à ce qu’elles soient cohérentes dans les quatre sens. Elle est très influencée par ses prédécesseurs, les Automatistes, et principalement par Paul Émile Borduas, pour ses coups de pinceau, qui, au premier coup d’oeil, semblent sortir de ses tableaux et qui créent un mouvement dans ses concepts à l’apparence plutôt statique. Le noir et le blanc, avec une touche de couleur, donnent l’impression de simplicité, mais pourtant, quel travail ! Devant ses propres oeuvres abstraites, elle cherche à entendre : « C’est facile, moi aussi, je suis capable de le faire. » Cela veut dire qu’elle a bien réussi son travail de recherche. Elle a tout de même peint des toiles abstraites hyper colorées parce que, dans cette série, elle mettait de l’avant le mouvement par la couleur. Chaque collection a son propre stimulus.

Dans ses peintures figuratives, à ses débuts, elle cherchait à représenter l’état d’âme des gens. Du moins, c’est ce qu’elle croyait, car après vingt ans de peinture, elle s’aperçoit que c’était fondamentalement le sien. Elle n’était pas à l’aise d’être heureuse tout en étant consciente de la misère du monde. Le remord la poussait à créer. Après, elle s’est inspirée du monde du disco. Elle désirait peindre pour créer des tableaux égayants à regarder afin de se divertir dans la douleur. Ce désir est ancré en elle: répandre le bonheur ou partager ses prises de conscience. Par exemple, sa série de 30 tableaux de même dimension, présentant des visages d’Amérindiens, incarne sa façon artistiquement particulière de divulguer sa gratitude envers ses ancêtres; elle espérait attiser, chez les autres, cette reconnaissance. Dans sa peinture figurative comme dans sa peinture abstraite, elle cherche à minimiser le nombre de couleurs et de formes. Elle vise à épurer ses oeuvres par amour de la simplicité. Cela l’a conduite à développer une collection de toiles décoratives et elle espérait charmer le monde du design.

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